Sommeil et Personne âgée

Près de 40% des plus de 65 ans se plaignent d’insomnie (mais environ 15% en auront les critères diagnostiques). Cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs : la présence de nombreuses pathologies et / ou traitement pouvant interférer avec le sommeil, et les modifications physiologiques du sommeil avec l’âge.

Les modifications physiologiques du sommeil :

Elles se caractérisent par une diminution de la durée totale de sommeil en lien avec un plus grand nombre d’éveils, et un réveil matinal plus précoce.

L’architecture du sommeil est aussi modifiée, avec une diminution de la durée du sommeil lent profond, et du sommeil paradoxal, et un plus grand nombre de changement de phase.

Enfin, on observe une avance de phase : modification du rythme circadien : un endormissement qui survient tôt (21h) mais un réveil lui aussi précoce (4 ou 5h du matin). Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un sommeil pathologique ! Rester au lit le matin sera contreproductif, et il faut dynamiser le réveil.

Avec le renfort du stimulus, on peut essayer de se recaler : lumière ou activité physique le soir pour retarder progressivement l’heure de coucher.


Attitudes par rapport au sommeil :

Il existe paradoxalement une sous déclaration de ces troubles (surtout suite à une pathologie, qui sera le principal sujet évoqué par le patient) et une anxiété vis-à-vis de ces modifications, qui va avoir tendance à sous-estimer la durée de sommeil, et à amplifier ses répercussions.

Prise en charge

Il est primordial de rechercher des comorbidités ainsi qu’une cause iatrogène. En particulier, la prévalence du SAHOS et du syndrome des jambes sans repos augmente avec l’âge.

Pour les traitements, on privilégiera encore une fois l’approche non médicamenteuse. L’exercice physique et la stimulation sensorielle (exposition à la lumière) sont efficaces et sans effets secondaires néfastes. Les thérapies cognitivo-comportementales sont elles aussi efficaces.

Si un traitement est nécessaire:

  • La Mélatonine a l’AMM dans cette indication. Elle a l’avantage d’être bien tolérée. En dessous de 2mg, il s’agit d’un complément alimentaire et non d’un traitement. L’effet est attendu au bout de 5 jours en moyenne. Attention, elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale. VIDAL / RCP
  • On déconseille les histaminiques du fait du risque d’hypotension, de confusion, et des interactions médicamenteuses.
  • Les benzodiazépines et apparentées si elles doivent être utilisées le sont :
  • avec un produit à demi-vie courte pour limiter les effets résiduels diurnes (Z-drugs, Temesta, Seresta)
  • début à demi-dose (à fortiori si insuffisance rénale ou hépatique)
  • pour une période définie auparavant, de 2 à 4 semaines.
  • La Miansérine, souvent utilisée chez la personne âgée. Bien tolérée, elle provoque cependant une somnolence diurne. VIDAL / RCP.
  • La Miansérine est utilisée à la dose de 10mg pour l’anxiété et l’insomnie nocturne. L’ANSM a récemment publié une alerte quand à son utilisation hors AMM. Cependant, de nombreux spécialistes et notamment gériatres continuent de l’utiliser, en avançant un risque plus important des benzodiazépines et apparentés.

Tenir compte de la synergie de ces effets (avec les antalgiques par exemple) et des interactions médicamenteuses.

Mis à jour le


Déclic Sommeil > Insomnie > Sommeil et Personne âgée