Le Sevrage en Benzodiazépines

Messages clés:

  • Toute prescription doit respecter les indications et les durées de traitements prévues par l’AMM. (Jamais plus de 12 semaines en AMM).
  • Lors de l’instauration du traitement : expliquer les effets indésirables, les modalités d’arrêts et la durée de traitement prévue.
  • L’objectif est l’arrêt du traitement, mais une diminution de posologie est considérée comme un résultat favorable.
  • Les indications sont à évaluer, et réévaluer au cas par cas selon la situation médico-psycho-sociale du patient.
  • Pour les consommations chroniques, l’arrêt se fait progressivement, sur une longue période, allant de plusieurs semaines à plusieurs mois.

En pratique:

Lors de chaque renouvellement de prescription:

  • S’interroger sur la mise en œuvre d’un arrêt et proposer une stratégie d’arrêt de consommation au patient.
  • Evaluer la dépendance et préparer l’arrêt :
  • Sont considérés en capacité les patients qui souhaitent l’arrêt (conciliants, motivés), ont un support social, n’ont pas d’antécédents de complications au sevrage de médicaments et peuvent être régulièrement revus.
  • Evaluer la dépendance au benzodiazépines (test ECAB), distinguer les situations particulières : dépression ou anxiété associée, consommation chronique/excessive, addiction conjointes (OH, drogues…)
  • Rassurer le patient : il est acteur du processus d’arrêt et notamment du choix du rythme qui lui convient, et qui peut prendre plusieurs mois voire années.

Si la proposition est acceptée : Renouveler l’information lors d’une consultation dédiée

Consultation d’arrêt

  • Informer le patient sur la molécule consommée et en présenter les risques, à hiérarchiser selon l’âge et l’activité du patient : Troubles mnésiques, risque de dépendance, diminution des réflexes et de la concentration, risque de chutes, suspicion de démence…
  • Présenter les bénéfices de l’arrêt / d’une diminution de posologie.
  • Informer des signes de l’arrêt des benzodiazépines : anxiété, insomnie, céphalées ou plus spécifiques (confusion, hallucination, trouble de la vigilance, coma) et de leur atténuation progressive.
  • Parler des alternatives, non médicamenteuses (relaxation, ASMR, cohérence cardiaque…)
  • Il peut être utile d’utiliser l’agenda du sommeil ou un calendrier de décroissance posologique.
  • Prévenir : les autres médecins impliqués. Avec accord / souhait du patient, l’entourage, la pharmacie, l’infirmière…

Consultation de suivi

Rythme : individualisé en fonction du patient, de la chronicité et de la posologie des molécules. Il est important que le patient puisse contacter le professionnel rapidement si nécessaire.

  • Evaluer les symptômes suite à la décroissance, l’adhésion du patient, titrer la réduction de posologie (avec renforcement positif sur cette diminution de consommation)
  • Chercher des consommations annexes suite à l’arrêt : alcool, tabac, substances psychoactives
  • Revoir le rythme de réduction de posologie : si le patient le trouve trop rapide : ralentir la vitesse de réduction / allonger les paliers posologiques. Si les signes sont trop importants, revenir au précédent pallier.

Dépister le syndrome de sevrage:

  • Si des signes sans gravité surviennent lors de la décroissance : revenir au pallier antérieur.
  • Si des signes sans gravité surviennent à l’arrêt complet : ne surtout pas reprendre le traitement (l’information et le soutient psychologique sont souvent suffisant).
  • Si les signes sont sévères ou persistent : réévaluation diagnostique recommandée.
  • Si signes graves de syndrome de sevrage (confusion, hallucination) : hospitalisation pour traitement symptomatique.

Après l’arrêt:

  • Consultation 3 à 7 jours après l’arrêt afin d’évaluer les symptômes, et informer sur le rebond d’insomnie ou d’anxiété, qui disparait en 1 à 3 semaines.
  • Ramener les boites à la pharmacie pour limiter le risque de rechute.
  • La période la plus à risque de récidive de consommation est dans les 6 premiers mois.

Prise en charge spécialisée:

L’avis d’un spécialiste (addictologue, psychiatre, psychologue, clinique…) est à considérer si :

  • Antécédent d’alcoolisme ou autre dépendance
  • Pathologie sévères concomitantes, ou désordres psychiatriques
  • Antécédents d’abandon de sevrage médicamenteux

Arrêt avec substitution:

La substitution par diazépam peut être envisagée, en prenant garde au tableau d’équivalence et aux demi vies des différentes molécules.

Vous pouvez facilement réaliser cette équivalence sur le site psychopharma.com

Mis à jour le


Sources:

– Troubles du sommeil: stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées, HAS 2012: https://www.has-sante.fr/jcms/c_1299994/fr/troubles-du-sommeil-stop-a-la-prescription-systematique-de-somniferes-chez-les-personnes-agees

– Arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés : démarche du médecin traitant en ambulatoire, HAS 2015: https://www.has-sante.fr/jcms/c_2038262/fr/arret-des-benzodiazepines-et-medicaments-apparentes-demarche-du-medecin-traitant-en-ambulatoire

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